arc-en-ciel
Et si chacun choisit sa couleur,
Moi, je veux toutes les couleurs.
Nous, les enfants du monde,
Nous voulons toutes les couleurs de l’arc-en-ciel,
Bleu, un océan d'amour pour être heureux,
Vert, c’est notre planète,
Violet, parce que cela nous plaît,
Jaune et orange, ce sont les couleurs du soleil,
Rouge, c’est la vie,
Et indigo pour le reflet.
Chaque enfant, chaque vie est un astre mélange de couleurs et de lumières.
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Extrait du Magnifique Dictateur
Chaque soir,
Je sors, debout sur ma tombe,
Je tarde jusqu’au matin,
Je vois ces hommes en marche,
Je les aperçois à l’horizon,
Inlassablement, obstinés et fous,
Ils arrivent de partout, sans distinction de race, de sexe ni de croyance,
Ils n’ont peur de rien.
Pourtant, j’ai parsemé sur leur chemin des cailloux différents : leurs races, leurs croyances, séparant les femmes et les hommes, et toujours, en exaltant leur appartenance,
Mais ils sont là,
Obstinés et fous,
Ils n’ont peur de rien,
Ce sont les gardiens du monde,
Ils affrontent le gardien de la nuit,
Moi.
Je les croise tous les matins,
Ce sont les gardiens du jour,
Ils veillent sur le monde,
Ils sont là,
Obstinés et fous,
Ils n’ont peur de rien,
Épuisé, je regagne ma demeure.
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L’étrange rêve
Cette nuit, j’ai fait un rêve,
J’ai vu l’étoile du nord qui s’approchait de la terre,
Pour murmurer à l’oreille d’un jeune berger,
Que la jolie Vénus, qui vivait
Dans la deuxième maison à gauche de l’entrée de son village, l’aimait aussi.
Que la lune illuminait les rues,
La terre reprenait son souffle,
Le monde vivait en paix,
Il réalisait tous mes rêves.
Les rues bannissaient les vilains mots de leur vocabulaire : la faim, la famine, la guerre et la destruction.
J’ai rêvé d’un garçonnet pauvre,
Celui qui vend les pommes sur son vieux chariot.
Il jouait du violon,
Et la fille habitant le bidonville,
Peignait les volets de sa maison en bleu.
J’entendais les gens qui disaient : « Bonjour, comment allez-vous ? »
J’ai rêvé que les gens n’étaient plus seuls.
On vivait heureux, sans frontières, sans distinction, sans soucis inutiles.
Nous nous tendions les mains,
Le cœur léger,
J’ai vu l’étoile du nord, j’ai vu la lune, et j’ai même vu un crapaud.
Nuit de la paix
Sous un ciel étoilé,
Lors de la nuit de la paix,
Les animaux se rassemblèrent.
Le lion prit place au sommet de la falaise la plus haute de la vallée.
Majestueux, le paon déploya ses plumes pour signaler le début de la séance.
À tour de rôle, chacun raconta ses souvenirs.
Le récit de ces aventures fut un délice pour tous.
Cette nuit-là, ils rirent, pleurèrent, soupirèrent ensemble.
Soudain, un moment de silence s’établit,
Car une proposition venait de se faire entendre.
« Nous devrions inviter les humains », proposa le plus charitable d’entre tous.
« Quelle excellente idée ! » se réjouit le renard.
Les uns étaient ravis,
Les autres tremblaient déjà.
« Voyons, l’homme n’est guère raisonnable.
C’est le seul animal parmi nous qui se cogne deux fois la tête dans la même pierre ! »
La discussion allait tourner au vinaigre.
Les rugissements, les griffes se mêlant à des gestes hostiles se levèrent ici et là,
Chacun était prêt à défendre son point de vue.
Tout à coup, l’aigle poussa un cri :
« Dispersion ! Sauvez-vous, l’homme vient de se réveiller, et il a saisi son fusil ! »